Taverne Bellevue

PÉRIODE D'ACTIVITÉ

~1970 – ~1986

ADRESSE

151 Ste-Catherine Est

RAISON DE LA FERMETURE

Déclin des tavernes traditionnelles

UTILISATION DU SITE ACTUEL

Détruit

La Taverne Bellevue était l’un des piliers du vieux Red Light et un point d’ancrage important pour la clientèle gaie francophone de l’est, bien avant que Sainte-Catherine Est ne devienne le « Village ». On la décrit souvent comme la plus ancienne taverne gaie de Montréal et la plus « hot » en ville. Dès le début des années 1970, elle apparaît clairement comme une taverne à clientèle gaie et figure même dans des répertoires gais nord-américains.

 

Les anglophones y étaient rares, sauf quelques touristes amenés par des habitués. Cette identité très francophone en faisait un lieu où une partie de la communauté gaie se sentait plus à l’aise que dans les bars de l’ouest, souvent plus anglophones.

 

Le secteur étant étroitement surveillé, la Bellevue n’échappait pas à la police. La fin des années 1970 marque une période de moralisation policière renforcée dans le Red Light. On rapporte par exemple qu’en 1978, un homme a été arrêté directement dans le portique du bar pour « racolage », ce qui illustre bien jusqu’où allait la surveillance. Non seulement les bars eux-mêmes, mais même leur entrée faisaient l’objet d’interventions.

 

Malgré ce climat, la taverne est restée active pendant de nombreuses années. Au milieu des années 1980, elle détient une autorisation pour présenter des spectacles et des projections, ce qui confirme qu’elle offrait plus que de simples consommations : soirées, animations, divertissements, un peu comme les cabarets du secteur. En juillet 1986, la chanteuse Eartha Kitt s’y arrête même lors de son passage à Montréal.

 

Le personnel faisait aussi partie du folklore. Les plus connues étaient Bobette et l’Italienne, des serveuses adorées qui servaient les grosses bières avec un sourire… ou une repartie bien placée, selon l’humeur.

Aucune source ne donne la date exacte de fermeture. On sait seulement qu’elle disparaît à la fin des années 1980 ou au début des années 1990, comme plusieurs tavernes du quartier.

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