Lime Light

PÉRIODE D'ACTIVITÉ

7 septembre 1973 au 17 juin 1990

ADRESSE

1254 Stanley

RAISON DE LA FERMETURE

Déclin du disco et incident médiatisé

UTILISATION DU SITE ACTUEL

Local commercial à louer

Le Lime Light s’imposait comme la discothèque la plus marquante du centre-ville. L’endroit fonctionnait sur plusieurs étages, avec une piste de danse principale où la musique ne s’arrêtait pratiquement jamais. Les habitués racontent que dès l’ouverture des portes, on sentait la chaleur monter : odeur de fumée, parfum fort, sueur, et la condensation qui perlait sur les murs les soirs de grande foule. Le DJ Robert Ouimet, installé en hauteur, enchaînait des sets marathon et testait des versions exclusives de disques reçus directement des labels américains. Quand il jouait un nouveau mix, les danseurs levaient la tête vers la cabine avant même de reconnaître le morceau.

 

La clientèle était un mélange rare pour l’époque : gais, hétéros, étudiants, mannequins, touristes, travailleurs du centre-ville. Certains soirs, la file s’étirait jusqu’à la rue Sherbrooke. Une anecdote revient souvent dans les témoignages : l’entrée imposante, avec portiers très sélectifs, où certains se faisaient refuser “parce que le look ne fit pas”, tandis que d’autres entraient sans payer parce qu’un DJ ou un barman les reconnaissait. À l’intérieur, on parle de soirées où la piste était si pleine que les verres se renversaient juste en tentant de traverser, et de la fameuse mezzanine où plusieurs rencontres commençaient avant de disparaître dans les coins plus tranquilles.

 

Le Lime Light a aussi reçu des artistes connus. Gloria Gaynor y aurait testé une prestation improvisée en pleine période disco, et James Brown aurait fait un arrêt tard dans la nuit après un concert, entrant par la porte arrière pour saluer le DJ. On raconte également que certaines nuits, l’électricité tombait à cause des lumières et du système de son surchargé : la musique s’arrêtait, un cri collectif montait, puis l’électricité revenait et la piste explosait de nouveau.

 

La fin du Limelight est étroitement liée au décès de Presley Leslie survenu le 9 avril 1990. Après une soirée passée au club, le jeune homme est retrouvé en détresse médicale à l’extérieur et meurt peu après, déclenchant une enquête publique du coroner. L’affaire attire une forte couverture médiatique et met en lumière les pratiques internes du Limelight : gestion des clients intoxiqués, sécurité des soirées, encadrement insuffisant. Déjà fragilisé par la chute de l’ère disco et une baisse constante de sa clientèle, le Limelight ne se relève pas de ce scandale. La pression combinée des médias, des autorités et du public précipite la fermeture définitive du club en juin 1990, marquant la fin d’un des lieux emblématiques du nightlife montréalais des années 70 et 80.

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