K.O.X.

PÉRIODE D'ACTIVITÉ

23 décembre 1983 à 1996

ADRESSE

1182 Montcalm (1983-1991)
1450-1456 Ste-Catherine Est (1991-1996)

RAISON DE LA FERMETURE

Perte de clientèle après une descente policière

UTILISATION DU SITE ACTUEL

Bâtiment détruit sur Montcalm. Immeuble à condos

Bâtiment sur Ste-Catherine Est : local commercial à louer.

K.O.X. était un bar et club after-hours gay spécialisé dans la culture cuir des années 1980-1990 : harnais, bottes, cuir intégral et codes vestimentaires stricts qui attiraient une clientèle masculine homogène, surtout orientée BDSM et fétichiste. L’endroit fonctionnait tard, avec une piste de danse serrée, un sous-sol sombre (nommé Katakombes) et une atmosphère sexuelle explicite qui faisait partie de son identité. On y croisait des hommes en uniforme de cuir, jockstraps, chaînes, accessoires métal, et une scène gay underground beaucoup plus brute que les bars du Village plus « grand public ».

 

Le 17 février 1994, la police mène une perquisition majeure au K.O.X. et à la section Katakombes. 165 hommes sont arrêtés pour « maison de débauche / bawdy house ». Cette opération survient quelques semaines après les auditions de la Commission des droits de la personne sur la discrimination policière envers les gais. La rafle devient rapidement un symbole de la répression policière contre la communauté LGBT, dans une période où les bars cuir, les sex-clubs et les after-hours étaient ciblés de façon disproportionnée. 

 

Après la descente, K.O.X. subit un climat de pression constante : surveillance accrue, diminution immédiate de la clientèle, perte de revenu et impossibilité de fonctionner comme avant. L’établissement, déjà fragilisé, ne se remet pas de la répression et des restrictions imposées. L’arrêt des activités suit dans la foulée : K.O.X. ferme sans relance ni continuité sous ce nom. La fermeture marque la fin d’un des lieux les plus identitaires de la scène cuir montréalaise, et un tournant dans la vie nocturne gaie, qui devient plus réglementée et moins tolérante envers les espaces sexualisés.

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