Taverne Ste-Catherine

PÉRIODE D'ACTIVITÉ

~1965 à ~1985

ADRESSE

1703 Ste-Catherine Est

RAISON DE LA FERMETURE

Transformation majeure du secteur dans les années 80

UTILISATION DU SITE ACTUEL

La Maison de la Bière

La Taverne Ste-Catherine était une grande taverne populaire comme on en voyait beaucoup à Montréal avant les années 1990. C’était un lieu bruyant, simple, rempli d’habitués, avec ses longues tables en bois, ses journées qui commençaient tôt et son va-et-vient constant. Pendant longtemps, comme la plupart des tavernes du Québec, l’endroit n’acceptait pas les femmes : jusqu’au début des années 1980, les tavernes avaient légalement le droit de servir uniquement les hommes, ce qui faisait de ces lieux des espaces très masculins, souvent très codés.

 

C’est surtout dans les années 1970 et au début des années 1980 qu’elle prend une importance particulière pour la communauté gaie de l’est. Sans être un « bar gai » déclaré, elle devient un point de rencontre où plusieurs hommes gais, souvent francophones et de milieu ouvrier, se retrouvent pour socialiser sans jugement. C’était un lieu où l’on pouvait prendre une bière, jaser, flirter discrètement ou simplement être entre hommes dans un espace qui ne surveillait pas constamment leur comportement.

 

L’événement le plus marquant associé à la Taverne Ste-Catherine est un mariage gai symbolique. Une photo conservée par les Archives gaies du Québec le confirme : un couple d’hommes y a célébré une union symbolique, devant témoins, dans un esprit de camaraderie et de revendication tranquille. Ce n’était évidemment pas légal, mais c’était une manière d’affirmer leur existence et leur relation à une époque où l’homosexualité était encore très stigmatisée. On ne parle pas d’une cérémonie planifiée, mais plutôt d’un geste spontané, courageux, fait dans un lieu du quotidien où la communauté avait ses repères.

 

La taverne ferme à la fin des années 1980, au moment où la compagnie qui l’exploitait change de mains et de nom. Ce n’est pas une fermeture dramatique : aucune trace d’incendie, de descente policière ou d’événement marquant. Tout indique une fin tranquille, liée à la réorganisation des commerces et à la transformation rapide du quartier à cette époque. L’endroit se dégage progressivement pour laisser place à d’autres types de commerces plus adaptés au nouveau Village en formation.

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