Café Monarch

PÉRIODE D'ACTIVITÉ

~1928 à 1984

ADRESSE

162 Ste-Catherine Est

RAISON DE LA FERMETURE

Incendie

UTILISATION DU SITE ACTUEL

Détruit

Le Café Monarch fait partie des tout premiers lieux de rencontre homosexuels connus à Montréal. Son existence est attestée dès la fin des années 1920, à une époque où l’homosexualité est criminalisée et où les bars fréquentés par des hommes gais sont tolérés seulement s’ils restent discrets et « bien tenus ».

 

Pendant les années 1930 et 1940, le Monarch s’impose comme un point de ralliement informel pour une clientèle majoritairement masculine. L’endroit fonctionne comme un café-taverne modeste, sans prétention, mais il offre quelque chose de rarissime pour l’époque : un espace où les hommes peuvent se croiser, socialiser et parfois flirter, même si la police garde un œil constant sur les lieux associés à la « vie nocturne déviante ».

 

Dans les années 1950 et 1960, le Monarch traverse les décennies sans changer de rôle. Le quartier autour, encore marqué par le Red Light, attire une population marginalisée, artistique et gaie. Les témoignages recueillis décrivent une ambiance brute et chaleureuse : tables simples, lumière vive, conversations murmurées et un plancher de danse où les slows sont interdits pour éviter les descentes policières. Malgré cette surveillance permanente, le café réussit à maintenir une clientèle fidèle et devient l’un des rares établissements montréalais où la communauté gaie peut se retrouver régulièrement.

 

Durant les années 1970 et 1980, alors que la scène gaie migrera vers l’est pour former le Village tel qu’on le connaît aujourd’hui, le Café Monarch continue d’exister en périphérie du nouveau quartier. Il n’a pas le glamour des grandes discothèques ni l’audace des bars plus flamboyants.

 

Le Café Monarch ferme ses portes en 1984, aucune trace architecturale ne subsiste aujourd’hui. Pourtant, son importance historique reste immense. Il est aujourd’hui considéré comme un pionnier de la vie gaie montréalaise, un jalon essentiel pour comprendre comment la communauté s’est construite, longtemps avant le Village, bien avant la fierté publique.

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