Taverne Plateau

PÉRIODE D'ACTIVITÉ

~1948 — ~1999

ADRESSE

71 Ste-Catherine Est

RAISON DE LA FERMETURE

Déclin des tavernes traditionnelles

UTILISATION DU SITE ACTUEL

Restaurant Paradou

La Taverne Plateau occupait le rez-de-chaussée d’un petit immeuble commercial ancien, situé juste à l’est de l’axe Saint-Laurent. Le bâtiment servait déjà à des commerces dès les années 1920, mais c’est à partir des années 1940 que le nom « Taverne Plateau » apparaît dans les archives. À cette époque, c’est une taverne typique du centre-ville : un local étroit, très simple, avec un long comptoir, quelques tables, de la bière en fût et une clientèle exclusivement masculine, comme l’autorise la législation québécoise alors en vigueur.

 

Dès la fin des années 1940, la taverne est visible dans différents rapports de police et faits divers. On y retrouve des mentions d’interventions policières, de descentes générales contre les tavernes du secteur et d’arrestations ciblées. Ces opérations montrent que l’endroit est très fréquenté et surveillé, comme beaucoup d’établissements populaires de Sainte-Catherine Est. Dans les années 1950 et 1960, la taverne apparaît encore régulièrement dans des dossiers liés à des bagarres, à des vols ou à des règlements de comptes, ce qui confirme qu’il s’agit d’un lieu animé, un peu rude, avec une clientèle variée allant du travailleur du centre-ville aux habitués plus marginaux.

 

À partir des années 1960, l’endroit commence à être associé à une présence gaie discrète, comme d’autres tavernes du secteur qui servaient de repères à une époque où les bars officiellement gais étaient rares. Ce n’était pas un bar gai déclaré, mais un lieu où plusieurs hommes trouvaient un environnement relativement tolérant. Les archives militantes LGBTQ+ et certaines chronologies universitaires mentionnent la taverne comme l’un des endroits fréquentés par la communauté dans les années précédant la naissance du Village. Cette cohabitation entre clientèle ouvrière, noctambules, hommes seuls et clientèle gaie fait partie de la spécificité du lieu.

 

Au tournant des années 1970, elle est toujours active. Des articles évoquent encore des incidents sur place et signalent qu’elle demeure un point de rassemblement très connu dans le secteur. L’endroit n’a jamais été modernisé : son apparence reste celle d’une taverne traditionnelle, avec un décor usé, un éclairage faible et une ambiance souvent bruyante et enfumée. Ce caractère inchangé contribue à sa réputation de bar « de vieux Montréal », un peu dur mais familier pour ses habitués.

 

Dans les années 1980 et 1990, la Taverne Plateau continue d’exister, mais de manière plus discrète. Elle apparaît dans certains guides ou répertoires de la vie nocturne, y compris des publications LGBT, ce qui confirme son maintien jusqu’au milieu des années 1990. Cependant, ses mentions deviennent de plus en plus rares, signe que l’établissement perd de son importance ou qu’il commence à décliner. Vers la fin des années 1990 ou le tout début des années 2000, la taverne ferme définitivement ses portes.

 

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